FLORE NUISIBLE AUX MONUMENTS HISTORIQUES DU MAROC: CAS DES VILLES DE RABAT ET SALE.

Dans le soucis de la conservation et de la restauration des principaux monuments historiques des villes de Rabat et Salé (Maroc), une étude botanique a été réalisée en 2003. La prospection de ces monuments a permis de dresser un inventaire de la flore peuplent leurs matériaux de construction. Cette flore est très riche et diversifiée. Elle est composée de 171 espèces adventices réparties en 46 familles botaniques. Les familles les plus représentées sont les Asteraceae, Poaceae, Fabaceae, Caryophyllaceae, Geraniaceae, Brassicaceae et Lamiaceae. Elles fournissent à elles seules 49,7% de l’effectif spécifique. Les thérophytes (annuelles) et les dicotylédones sont dominantes avec respectivement 66,7 et 84,7% de l’effectif spécifique total. Néanmoins, la présence de plus de 20 espèces d’arbres et de plantes vivaces constitue un danger sérieux pour les murailles, surtout par le phénomène de fissuration par l’action des racines géantes de ces végétaux. Ces végétaux, s’insérant dans les joints ou les fissures, ont une action chimique sur les pierres par les acides qu’ils libèrent et aussi une action mécanique par la croissance des racines à l’intérieur des fissures. Ainsi, ils restent un des facteurs biologiques les plus importants de la dégradation des monuments historiques.